Le calendrier républicain

Ce calendrier trouve son origine dans le mouvement de déchristianisation déclenché par la Révolution française. Il fut institué par décret de la Convention le 24 octobre 1793; son principal artisan fut Gilbert Romme, aidé par quelques astronomes.

L'année I de l'ère républicaine partait du 22 septembre 1792, date de l'établissement de la République L'année y est composée de 12 mois de 30 jours divisés en 3 décades (qui remplacent la semaine) auxquels on ajoute 5 ou 6 jours complémentaires pour que l'année ait une durée moyenne de 365,25 jours et qui devaient être consacrés à la célébration de fêtes républicaines.

Les noms des mois, dus au poète Fabre d'Églantine, sont: vendémiaire (mois des vendanges), brumaire (des brumes), frimaire (des frimas) pour les trois premiers, qui sont des mois d'automne, nivôse (des neiges), pluviôse (des pluies), ventôse (des vents); pour les mois d'hiver, germinal (de la germination), floréal (des fleurs), prairial (des prairies) pour les mois de printemps, et messidor (des moissons), thermidor (de la chaleur, des bains), fructidor (des fruits) pour les mois d'été.

Suivent les jours complémentaires, ou sans-culottides. Dans chaque décade, les jours sont appelés primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi, décadi, et, au lieu du nom d'un saint comme dans le calendrier grégorien, il leur est affecté le nom d'un produit agricole, d'une plante ou d'un outil. Le début de l'année est fixé au minuit, compté en temps vrai de l'Observatoire de Paris, qui précède l'instant de l'équinoxe d'automne.

L'an I de l'ère républicaine débuta le 22 septembre 1792 (équinoxe d'automne). Étant donné la définition du début de l'année, il fallait déterminer par le calcul quand commençait l'année suivante pour savoir si elle contenait 365 ou 366 jours (année sextile), ce qui n'arrivait pas tous les 4 ans comme on pouvait le penser. Le calendrier républicain, employé pendant treize ans, resta en vigueur jusqu'en décembre 1805; il fut aboli par Napoléon, qui restaura le calendrier grégorien, le 1er janvier 1806.

 

Ere républicaine

I

II

III*

IV

V

VI

VII*

VIII

IX

X

XI*

XII

XIII

XIV

Ere grégorienne

1792

1793

1794

1795

1796

1797

1798

1799

1800

1801

1802

1803

1804

1805

1er

vendémiaire

septembre

22

22

22

23

22

22

22

23

23

23

23

24

23

23

1er

brumaire

octobre

22

22

22

23

22

22

22

23

23

23

23

24

23

23

1er

frimaire

novembre

21

21

21

22

21

21

21

22

22

22

22

23

22

22

1er

nivôse

décembre

21

21

21

22

21

21

21

22

22

22

22

23

22

22

Ere grégorienne

1793

1794

1795

1796

1797

1798

1799

1800

1801

1802

1803

1804

1805

1806

1er

pluviôse

janvier

20

20

20

21

20

20

20

21

21

21

21

22

21

1er

ventôse

février

19

19

19

20

19

19

19

20

20

20

20

21

20

1er

germinal

mars

21

21

21

21

21

21

21

22

22

22

22

22

22

le calen-

1er

floréal

avril

20

20

20

20

20

20

20

21

21

21

21

21

21

drier

1er

prairial

mai

20

20

20

20

20

20

20

21

21

21

21

21

21

grégorien

1er

messidor

juin

19

19

19

19

19

19

19

20

20

20

20

20

20

reprend

1er

thermidor

juillet

19

19

19

19

19

19

19

20

20

20

20

20

20

1er

fructidor

août

18

18

18

18

18

18

18

19

19

19

19

19

19

les années bisextiles du premier, càd celles où il y avait 6 jours fériés sans-culottides, ont un astérisque *

Exemple de calcul:

A quelle date grégorienne correspond le 29 brumaire de l’an X, date à laquelle l’Empereur Napoléon accorda la première grande concession de Wallonie qui était celle du Roton ?

Cherchons dans la colonne de l’an X jusqu’à la ligne horizontale du 1er brumaire, on remarque que le 1er brumaire de l’an X correspond au 23 octobre 1801. Donc le 29 brumaire an X correspond au 19 novembre 1801.